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Assalé Tiémoko à Nantes (France) : «Adieu les héritiers, place aux bâtisseurs»
À Nantes, devant une diaspora en quête de renouveau, le leader de ADCI a sifflé la fin de la « Génération X » et des trois grands fauves de la politique ivoirienne. Entre messianisme générationnel et pragmatisme de l’ingénieur, le maire de Tiassalé parie sur 2030. Un pari sur le temps long, loin du clientélisme de papa.
Le décor est celui d’un hôtel nantais, loin des rumeurs humides de la lagune Ébrié. Mais dans l’assistance, on ne parle que de « pays ». Ils sont ingénieurs, chercheurs ou entrepreneurs, venus de toute la France par le rail ou les airs. Ce 14 mars, ils ne sont pas là pour célébrer le passé, mais pour écouter celui qui veut débrancher les vieilles gloires.
Tiémoko Antoine Assalé, l’homme qui a fait de la traque à la corruption une marque de fabrique, est monté à la tribune avec une certitude : le logiciel politique ivoirien est périmé. Sous ses yeux, une diaspora qui « n’a plus le temps » pour les querelles de clochers ethniques.
Le crépuscule des patriarches
« Nous arrivons au terme d’un cycle », a lâché le leader de Aujourd’hui et Demain la Côte d’Ivoire (ADCI). Le constat est clinique. La « Génération X » — celle des Bédié, Gbagbo et Ouattara — range ses dossiers. L’un est parti, les autres voient leur page se corner inexorablement. Pour Tiémoko Assalé, l’heure n’est pas à la succession dynastique, mais à l’effraction. « Nous ne sommes pas des héritiers », martèle-t-il, se revendiquant plutôt d’une filiation du courage.
Dans ce prêche pour la « Génération Y », l’élu refuse la « politique de la haine » et l’ethnie comme boussole électorale. Un discours qui sonne fort dans les rangs d’une diaspora lassée de voir le mérite sacrifié sur l’autel du clientélisme.
« Politique à plein temps » et périls assumés
Le ton s’est durci quand il a fallu évoquer l’avenir. Car en Côte d’Ivoire, l’ambition n’est pas un long fleuve tranquille. « On peut y perdre sa liberté, on peut même y perdre sa vie », a rappelé Tiémoko Assalé, annonçant au passage son passage en « politique à plein temps ». Un saut dans le vide assumé pour celui qui veut transformer son mouvement, né il y a moins de deux ans, en machine de guerre électorale.
L’objectif est clair : 2026 sera l’année du maillage territorial. De Nantes à New York, en passant par le Canada, ADCI tisse sa toile dans les « mines de compétences » de l’extérieur.
L’horizon ? 2030, 2035. Tiémoko Assalé joue la montre contre l’urgence des coups d’État constitutionnels. « Cela prendra le temps que cela prendra », dit-il, comme pour mieux s’extraire de la frénésie du présent.
L’efficacité contre la mystique. Le projet est presque technocratique sous ses airs de révolte, une Côte d’Ivoire « moins politicienne et plus travailleuse ». En appelant les cadres de la diaspora à devenir les architectes de demain, Assalé Tiémoko tente de substituer la mystique du chef à la religion du résultat.
 
Enquête Media à Nantes

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